Overstay en Thaïlande : 500 THB par jour, et l'erreur qui coûte cinq ans
Lecture : 13 min · Mis à jour : 20 Août 2026 · Par Matthieu Moretti
Il y a un geste que connaissent tous ceux qui vivent en Thaïlande sans visa long séjour. On ouvre le calendrier du téléphone, on pose le passeport à côté, et on compte. On remonte tampon par tampon : entré le 12, sorti le 8, rentré le 21. On additionne les jours passés dans le royaume depuis janvier. Et on essaie de deviner ce que verra l'officier d'immigration au prochain retour.
Cent dix jours, ça passe encore. Cent quatre-vingts, c'est déjà une conversation au guichet. Deux cent quarante, et on commence à préparer des justificatifs qu'on n'aura peut-être même pas le droit de montrer.
J'ai fait ce calcul un nombre incalculable de fois. Je suis sorti vers Bali, vers la Malaisie, vers la France — de vraies sorties parfois, des allers-retours administratifs le reste du temps. Et à chaque retour, le même trajet dans la file d'attente avec la même question qui tourne : est-ce que cette fois-ci ça passe ? L'officier feuillette, s'arrête sur une page, lève les yeux. Deux secondes de silence qui durent longtemps.
Ce que je veux dire dans cet article, c'est que ce calcul repose très souvent sur des chiffres faux. Beaucoup de gens croient risquer une interdiction de séjour alors qu'ils ne risquent qu'une amende. D'autres pensent s'en sortir avec une amende alors qu'ils jouent cinq ans d'interdiction. Et la différence entre les deux ne tient pas du tout à la durée du dépassement.
Depuis que j'ai mon DTV, je ne compte plus. C'est difficile à expliquer à quelqu'un qui ne l'a pas vécu, mais c'est probablement le bénéfice le plus concret de ce visa — et personne ne le met jamais dans un tableau comparatif.

1. Ce qui a changé en 2026 : 29 490 personnes refoulées en cinq mois
Commençons par le contexte, parce qu'il rend tout le reste de cet article urgent.
Les règles d'entrée en Thaïlande n'ont presque pas bougé. Ce qui a changé, c'est leur application. Les officiers d'immigration n'évaluent plus chaque entrée isolément : ils lisent l'historique complet du passeport. Un profil dont le carnet de tampons raconte une vie en Thaïlande sur des entrées touristiques est désormais un profil à risque, à l'aéroport comme aux frontières terrestres.
Le Bureau de l'Immigration a publié son bilan pour la période janvier à mai 2026, sous une bannière qui ne laisse pas beaucoup de place à l'interprétation : « No Entry, No Stay, No Escape ».
| Bilan janvier – mai 2026 | Chiffre officiel |
|---|---|
| Étrangers refoulés à l'entrée | 29 490 |
| Noms inscrits dans le système APPS | 169 506 |
| Arrestations (dépassement, travail illégal) | plus de 14 000 |
| Zones ciblées par des opérations | 190 |
| Visas Éducation frauduleux annulés | 668 |
Trois précisions sur ce tableau, parce que chaque ligne cache quelque chose.
Les trois motifs principaux de refoulement invoqués par le Bureau sont : fonds insuffisants, absence d'itinéraire de voyage détaillé, et historique de visa runs. Sur le premier point, la règle est chiffrée et beaucoup de voyageurs l'ignorent — j'y consacre un guide entier sur les 20 000 THB exigibles à l'entrée.
Le système APPS (Advanced Passenger Processing System) ne bloque pas à l'arrivée : il bloque avant l'embarquement, dans votre aéroport de départ. Vous ne découvrez pas le problème à Suvarnabhumi, vous le découvrez au comptoir d'enregistrement, en France, avec vos valises.
Les 190 zones ciblées ne sont pas réparties au hasard. Chonburi — Pattaya — arrive en tête avec 147 opérations, suivie de Chiang Mai et de Phuket. Ce sont précisément les trois zones où la communauté francophone est la plus installée.
Le porte-parole du Bureau, le général de police Choengron Rimphadee, a tenu à rassurer les vacanciers : quelqu'un qui vient une ou deux fois par an n'a rien à craindre. La campagne vise les personnes qui enchaînent les entrées touristiques pour vivre, travailler ou tenir un commerce sans le visa correspondant.
Deux changements réglementaires qu'il faut connaître
Depuis fin 2025, les entrées en exemption de visa par frontière terrestre sont plafonnées à deux par année civile. Cette seule mesure tue net le visa run terrestre comme mode de vie. Et les bureaux d'immigration locaux ont reçu instruction de refuser les demandes d'extension, voire d'annuler les séjours en cours, lorsqu'ils détectent un comportement de visa runner.
En parallèle, la réforme de l'exemption de visa suit son cours — un sujet que je documente et remets à jour séparément dans mon suivi de la fin de l'exemption de 60 jours.
Ce que ça donne au guichet : mon dernier passage
Ces chiffres ne sont pas abstraits, et je peux le dire parce que je suis passé dedans.
Lors de ma dernière entrée avant d'obtenir mon DTV, l'agente a tiqué en feuilletant mon passeport. Elle a appelé son supérieur. Il est venu, il a regardé les pages, et il m'a demandé ce que je faisais en Thaïlande. La question réelle derrière la question, je l'ai comprise tout de suite : il voulait savoir si je travaillais sur place sans être en règle. Je lui ai expliqué que mon activité était en ligne, que je voyageais, que je profitais de la vie.
Il m'a laissé entrer. Mais pas sans un message, et je le cite de mémoire au plus près : « Pour cette fois c'est bon, mais on vous met sur liste rouge. La prochaine fois, si vous n'avez pas un visa adéquat de longue durée, un DTV par exemple, on vous refusera l'entrée. »
Je ne sais pas à quelle catégorie administrative correspond exactement cette « liste rouge » — je rapporte les mots qui m'ont été dits, pas un mécanisme officiel que j'aurais vérifié. Mais le fond du message, lui, ne laissait aucune place au doute. Ce n'était pas une menace, c'était un avertissement, et il était même plutôt bienveillant : un officier de l'immigration thaïlandaise m'a lui-même nommé le visa que je devais aller chercher.
Je n'étais pas en dépassement de séjour. Je n'avais rien à me reprocher sur le papier. C'est exactement le point de cet article : l'examen ne porte plus sur votre tampon, il porte sur votre trajectoire. Et il ne se déclenche pas quand vous êtes en faute — il se déclenche quand votre passeport raconte une histoire.
Ce qu'un refus d'entrée signifie concrètement
Ce n'est pas un demi-tour poli. C'est une expulsion aux frais du voyageur : l'immigration vous retient jusqu'à ce que vous ayez payé votre billet de retour. Le tampon de refus, lui, reste dans le passeport et dans la base de données — et il ne s'efface pas au bout de douze mois.
2. Le barème officiel : 500 THB par jour, plafond à 20 000 THB
Passons aux chiffres, et sortons des forums.
Le texte de référence est l'Ordonnance 1/2558 du ministère de l'Intérieur (Ministry of Interior's Order 1/2558, Regarding Classes of Aliens Ineligible for Admission to the Kingdom of Thailand), entrée en vigueur le 20 mars 2016. Elle est publiée en anglais sur les sites des bureaux d'immigration thaïlandais, en .go.th. Le lien figure dans les sources en bas de cette page.
L'amende est de 500 THB par jour de dépassement, plafonnée à 20 000 THB.
| Durée du dépassement | Amende |
|---|---|
| 1 jour | 500 THB |
| 10 jours | 5 000 THB |
| 30 jours | 15 000 THB |
| 40 jours et au-delà | 20 000 THB (plafond) |
Ce plafond a une conséquence que beaucoup de gens ignorent : l'amende cesse d'augmenter au quarantième jour. 40 × 500 = 20 000. Que vous dépassiez de 40 jours ou de 400, vous paierez le même montant à la caisse.
Ce serait une bonne nouvelle si l'amende était la seule sanction. Elle ne l'est pas — et c'est précisément le piège. Au moment exact où l'amende arrête de grimper, c'est l'autre compteur qui prend le relais.
3. Le tableau des interdictions — et les chiffres faux qui circulent
Voici le cœur de l'ordonnance, et le passage qui justifie à lui seul cet article.
Si vous vous présentez de vous-même aux autorités
C'est-à-dire au comptoir d'immigration d'un aéroport, d'un port ou d'un poste frontière, au moment de quitter le pays.
| Dépassement | Interdiction de retour |
|---|---|
| 90 jours ou moins | aucune interdiction |
| plus de 90 jours | 1 an |
| plus d'1 an | 3 ans |
| plus de 3 ans | 5 ans |
| plus de 5 ans | 10 ans |
Si vous êtes arrêté et poursuivi
| Dépassement | Interdiction de retour |
|---|---|
| moins d'1 an | 5 ans |
| plus d'1 an | 10 ans |
Les interdictions courent à compter de la date de départ du territoire.

Le même dépassement, deux issues à cinq ans d'écart
Regardez ces deux tableaux ensemble et prenez un cas concret. Un dépassement de 30 jours.
- Vous vous présentez de vous-même en partant : 15 000 THB, et rien d'autre. Aucune interdiction. Vous pouvez revenir.
- Vous êtes contrôlé dans la rue, dans un bar, lors d'un raid dans une zone ciblée : 15 000 THB et cinq ans d'interdiction du territoire.
Même durée. Même amende. Cinq ans d'écart. Ce n'est pas la longueur du dépassement qui détermine votre sort, c'est la manière dont il se termine. Tout, dans cette affaire, se joue sur cette bascule.
⚠️ Attention aux chiffres qui circulent sur ce sujet
En préparant cet article, j'ai lu ce que renvoient les premiers résultats de recherche, en français comme en anglais. Plusieurs pages affirment qu'un dépassement de moins de 90 jours entraîne un an d'interdiction. C'est l'inverse de ce que dit l'ordonnance. D'autres inversent les colonnes « présenté » et « arrêté », ce qui est encore plus grave puisque cela pousse à la mauvaise décision.
Ces pages sont des fermes de contenu qui se recopient les unes les autres. Elles terrorisent des gens qui ne risquent qu'une amende, et rassurent des gens qui jouent cinq ans de leur vie. Vérifiez toujours le texte source : le lien officiel est en bas de cette page.
Une nuance, et je préfère être clair
« Aucune interdiction » ne veut pas dire « aucune trace ». Un dépassement, même court, même réglé spontanément, est enregistré dans la base de données de l'immigration. Il sera visible par chaque officier, à chaque entrée future. Cela ne vous ferme aucune porte — mais cela s'ajoute au reste de votre historique. Nous y revenons en section 7.
4. Vous êtes en overstay en ce moment
Si vous lisez cet article la boule au ventre parce que votre tampon est périmé depuis quelques jours ou quelques semaines, voici l'ordre des opérations. Je ne vais rien vous vendre dans cette section.
Un
Comptez précisément vos jours de dépassement, à partir du lendemain de la date inscrite sur votre tampon ou votre autorisation de séjour. C'est ce chiffre qui détermine tout le reste.
Deux
Situez-vous dans les tableaux de la section 3. Si vous êtes sous les 90 jours et que vous partez de votre propre initiative, vous êtes dans le scénario le plus favorable prévu par le texte : une amende, et pas d'interdiction.
Trois
Sortez du pays et déclarez-vous au comptoir d'immigration en partant. C'est cette démarche volontaire qui vous place dans le premier tableau et non dans le second. Prévoyez le montant en espèces.
Quatre
Si votre dépassement excède 90 jours, ou s'il s'accompagne d'autres complications — passeport perdu, procédure en cours, situation familiale ou professionnelle particulière —, la lecture d'un tableau ne suffit plus. Consultez un avocat spécialisé en droit de l'immigration thaïlandais avant de faire quoi que ce soit. Ce n'est pas mon métier et je ne vais pas prétendre le contraire.
Le point qu'il faut connaître avant d'espérer
Le Visa DTV ne se demande pas depuis la Thaïlande. Il se dépose auprès d'une ambassade ou d'un consulat de Thaïlande à l'étranger, via le système e-Visa. Il n'existe aucune conversion sur place.
Autrement dit, un dépassement en cours doit être régularisé — donc soldé au départ du territoire — avant même qu'une demande de DTV puisse être envisagée. L'ordre est celui-là et il n'est pas négociable. Le fonctionnement du dépôt consulaire est détaillé dans mon guide du dépôt de dossier e-Visa.
5. Vous n'êtes pas en overstay — mais vous y pensez
C'est à vous que cet article s'adresse en réalité. Parce que vous êtes plus nombreux, et parce que vous avez encore toutes vos options.
Vous êtes sur votre deuxième ou troisième entrée en exemption. Vous avez encore trois semaines de tampon. Vous vous demandez si vous ne pourriez pas rester quelques jours de plus, puisque l'amende est « seulement » de 500 THB par jour et que le vol est plus cher le week-end suivant.
Le raisonnement se tient arithmétiquement. Il ne tient plus du tout dans le contexte de 2026, pour une raison que les tableaux ne montrent pas : le dépassement volontaire vous fait basculer de la catégorie « touriste distrait » à la catégorie « profil à surveiller ». Or c'est exactement le critère qui a produit 29 490 refoulements en cinq mois. Vous n'échangez pas quelques jours contre 2 500 THB. Vous échangez quelques jours contre une ligne dans votre historique, au moment précis de l'histoire où cet historique est devenu la chose que l'on regarde.
Le calcul que presque personne ne fait
Faites-le avec moi, grossièrement. Un visa run, tout compris — vol ou transport terrestre, nuit d'hôtel, frais éventuels, journée perdue — revient rarement à moins de 200 à 250 € quand on cesse de se mentir. Quatre à cinq par an. Sur cinq ans, vous êtes entre 4 000 et 6 000 €, sans la moindre garantie d'être laissé entrer la fois suivante, et sans jamais avoir eu autre chose qu'un tampon de deux mois.
Un DTV coûte moins que cela sur la même durée, et il vous donne 180 jours par entrée, renouvelables, pendant cinq ans. J'ai documenté ce calcul en détail à partir d'un cas réel, chiffres à l'appui : un client qui avait dépensé près de 5 000 € en 21 mois de visa runs avant de découvrir qu'il était éligible depuis le début.
Et si vous hésitez encore sur le type de visa qui correspond à votre situation, le comparatif des visas long séjour remet les options côte à côte.
On vous dira peut-être que vous n'êtes pas éligible. Faites vérifier.
Après l'avertissement de l'officier, j'ai fait ce que tout le monde fait : je suis allé chercher un professionnel. J'ai consulté deux avocats, à plusieurs mois d'intervalle.
Le premier m'a expliqué que le DTV était trop compliqué à obtenir, qu'il y avait beaucoup de refus, et m'a globalement découragé.
Le second m'a dit que je n'étais pas éligible : mon entreprise était trop jeune et mes revenus pas assez significatifs. Il me proposait tout de même de s'occuper de mon dossier pour 1 200 €. Je lui ai parlé de ce dont j'avais entendu vaguement parler — la possibilité d'obtenir le DTV via des cours de cuisine ou de Muay Thaï. À l'époque je n'avais même pas le vocabulaire, je ne connaissais pas le terme « Soft Power ». Il m'a répondu que je confondais avec le visa étudiant, six mois ou un an maximum, et que ce que je décrivais n'existait pas.
Cette voie existait depuis 2024. Elle figurait dans les textes officiels du DTV depuis sa création.
J'ai monté mon dossier moi-même, par la voie Soft Power, celle qui « n'existait pas ». Il a été accordé en quatre jours.
Ce que je veux que vous reteniez de cet épisode
Pas que les avocats sont incompétents — ce sont des juristes, et le droit de l'immigration thaïlandais est vaste. Mais qu'un professionnel qui ne suit pas ce visa au quotidien peut passer complètement à côté de la voie qui vous concerne. Deux personnes m'ont dit non. La bonne réponse tenait dans un dispositif qu'aucune des deux n'avait identifié.
Et surtout : la difficulté du DTV n'est presque jamais dans le remplissage du formulaire. Elle est dans le diagnostic — déterminer laquelle des voies d'éligibilité s'applique à votre situation réelle. Mon dossier est passé en quatre jours parce que j'avais passé des mois à comprendre laquelle était la mienne, et parce que je l'ai construite dans le bon ordre. Ce sont ces mois-là qui font la différence, pas les quatre jours.
C'est devenu mon métier pour cette raison précise. Si l'on vous a dit que vous n'étiez pas éligible, demandez un deuxième avis avant de renoncer et de repartir pour cinq ans de frontières. Il y a plusieurs voies d'accès au DTV, et la vôtre n'est pas forcément celle à laquelle vous pensez.
6. Ce que change réellement un DTV — et ce qu'il ne change pas
Je vais être précis, parce que c'est le genre de sujet où l'on a envie d'en promettre trop.

Ce que le DTV supprime
Le comptage. Vous entrez, vous obtenez 180 jours, vous vivez. Vous pouvez demander une extension de 180 jours supplémentaires sur place. Vous sortez quand vous voulez et vous rentrez sur le même visa pendant cinq ans. Le calendrier et le passeport côte à côte sur la table, c'est terminé. C'est le bénéfice dont je parlais en introduction, et je maintiens que c'est le plus sous-estimé de tous.
Ce que le DTV ne supprime pas
- → Il ne vous dispense pas du rapport de 90 jours (TM47) si vous restez sans sortir du pays.
- → Il ne vous dispense pas de la déclaration TM30 par votre logeur.
- → Il ne vous rend pas invulnérable : un visa peut être annulé en cas d'infraction.
- → Il ne vous exonère pas des règles de résidence fiscale une fois les 180 jours de présence franchis dans l'année civile.
7. Un dépassement passé empêche-t-il d'obtenir un DTV ?
C'est la question qu'on me pose le plus dès que le mot overstay apparaît dans une conversation. Je vais y répondre avec un cas, et avec ses limites.
Un client est venu me voir avec un dépassement d'une semaine dans son passeport. Il l'avait réglé lui-même en partant, à l'aéroport, quelques centaines de bahts. Il en avait fait une montagne pendant des mois, convaincu que ce tampon lui fermait définitivement la porte de la Thaïlande. Son DTV a été délivré sans que la question soit soulevée.
Ce n'est pas un miracle et je ne vais pas le présenter comme tel. C'est simplement la lecture du premier tableau de la section 3 : sous 90 jours, régularisé volontairement au départ, aucune interdiction n'est prononcée. Il n'y avait aucun ban attaché à son nom. Il n'y avait donc rien à contourner.
Ce que ce cas ne prouve pas
Il ne prouve pas qu'un dépassement n'a aucune importance. Un cas ne fait pas une règle, et trois situations très différentes se cachent derrière le même mot :
- un dépassement court, réglé au départ — pas d'interdiction, mais une trace dans la base ;
- un dépassement en cours — à régulariser impérativement avant toute démarche, voir la section 4 ;
- une interdiction d'entrée formelle — une inscription sur liste. Ce n'est plus la même conversation, et elle se tient avec un avocat.
Et il reste le facteur dont on a parlé au début : un dossier consulaire n'est pas examiné dans le vide. Un historique chargé — dépassement passé, entrées répétées en exemption, tampons de frontière terrestre à répétition — demande d'être présenté avec beaucoup plus de soin qu'un dossier vierge.
Sur un point je ne transige pas : jamais de dissimulation. La base de données de l'immigration voit tout, et toute tentative de cacher quoi que ce soit transforme un problème gérable en problème définitif. Mais un dossier construit dans le bon ordre, avec les bonnes pièces au bon endroit, ne se défend pas de la même façon qu'un dossier envoyé au hasard. C'est précisément la partie de mon travail que je ne détaille pas ici.
Un conseil qui vaut pour tout le monde
Si vous avez un historique chargé, faites-vous accompagner avant de déposer, pas après un refus. Un refus, lui, reste dans la base de données et ne s'efface pas au bout de douze mois. C'est l'une des rares situations où l'ordre dans lequel on fait les choses change réellement l'issue.
8. Ce que je retiens de mes propres années à compter
Je ne vais pas jouer le donneur de leçons : j'ai été exactement à la place du lecteur qui compte ses jours. Trois choses que j'ai apprises et que je n'avais lues nulle part.
La sortie aérienne et la sortie terrestre ne se valent pas
Elles ne se valent plus du tout depuis le plafonnement des entrées terrestres en exemption à deux par année civile. Mes propres sorties étaient aériennes, ce qui m'a évité un mur que beaucoup ont découvert au poste frontière.
L'accumulation compte plus que chaque entrée
On croit passer un examen à chaque retour. En réalité on construit un dossier, entrée après entrée, et c'est ce dossier qui est jugé. La quatrième entrée n'est pas évaluée comme la première.
Le coût réel n'est pas financier
Ce sont les décisions qu'on ne prend pas. On ne signe pas le bail d'un an. On ne prend pas l'abonnement à la salle. On ne fait pas venir la famille en mai parce qu'on ne sait pas où l'on sera. C'est ça, le prix du comptage, et aucun tableau comparatif ne le chiffre.
Ce qu'il faut retenir
- 500 THB par jour, plafond à 20 000 THB. L'amende cesse d'augmenter au quarantième jour — mais c'est alors l'autre compteur qui démarre.
- 90 jours ou moins, en se présentant soi-même : aucune interdiction. C'est écrit dans l'Ordonnance 1/2558, contrairement à ce que répètent beaucoup de pages.
- Être contrôlé plutôt que se déclarer coûte cinq ans. À durée de dépassement identique. C'est le seul chiffre qui compte vraiment.
- Aucune interdiction ne signifie pas aucune trace. Tout dépassement est enregistré et visible à chaque entrée future.
- Le DTV ne se demande pas depuis la Thaïlande. Un dépassement en cours doit être soldé au départ avant toute démarche.
- L'examen ne porte plus sur votre tampon mais sur votre trajectoire. On peut vous arrêter au guichet sans que vous soyez en faute.
- Si l'on vous a dit que vous n'étiez pas éligible, demandez un deuxième avis. Deux avocats me l'ont dit avant que j'obtienne le mien en quatre jours par une voie qu'ils ignoraient.
- Le vrai bénéfice du DTV n'est pas dans les tableaux. C'est de ne plus avoir à compter.

Matthieu Moretti
Expertise terrain · Phuket
Installé à Kathu, je monte des dossiers de Visa DTV à plein temps. Avant d'obtenir le mien, j'ai vécu la mécanique du séjour à durée limitée : les sorties vers Bali, la Malaisie, la France, le même calcul repris à chaque retour, et un avertissement d'un officier d'immigration qui m'a servi de déclencheur. Les chiffres de cet article proviennent de l'Ordonnance 1/2558 et des bilans publiés par le Bureau de l'Immigration, dont les liens figurent ci-dessous. Je ne suis pas avocat : pour une situation de dépassement lourde ou une interdiction prononcée, adressez-vous à un professionnel du droit.
📚 Sources et ressources
FAQ — Overstay en Thaïlande
Combien coûte un jour d'overstay en Thaïlande ?+
500 THB par jour de dépassement, avec un plafond de 20 000 THB. L'amende cesse donc d'augmenter au quarantième jour de dépassement : que vous dépassiez de 40 jours ou de 400, le montant réclamé à la caisse est le même.
Un overstay entraîne-t-il automatiquement une interdiction d'entrée ?+
Non. Selon l'Ordonnance 1/2558 du ministère de l'Intérieur thaïlandais, un dépassement de 90 jours ou moins, lorsque la personne se présente d'elle-même aux autorités au moment de quitter le pays, donne lieu à une amende sans interdiction de retour. Les interdictions commencent au-delà de 90 jours : 1 an, puis 3 ans au-delà d'un an de dépassement, 5 ans au-delà de trois ans, et 10 ans au-delà de cinq ans.
Quelle différence entre se présenter de soi-même et être arrêté ?+
Elle est considérable et c'est le point décisif. Un dépassement de 30 jours déclaré spontanément au comptoir d'immigration en quittant le pays coûte 15 000 THB, sans interdiction. Le même dépassement découvert lors d'un contrôle expose à 15 000 THB et cinq ans d'interdiction du territoire, l'ordonnance prévoyant 5 ans pour tout dépassement inférieur à un an constaté par arrestation.
Peut-on demander un Visa DTV alors qu'on est en overstay en Thaïlande ?+
Non. Le Visa DTV se dépose auprès d'une ambassade ou d'un consulat de Thaïlande à l'étranger via le système e-Visa ; il n'existe aucune conversion depuis le territoire thaïlandais. Un dépassement en cours doit donc être régularisé, c'est-à-dire soldé au moment du départ, avant qu'une demande de DTV puisse être envisagée.
Un overstay passé bloque-t-il une demande de Visa DTV ?+
Un dépassement court, régularisé volontairement et sans interdiction prononcée, ne constitue pas un obstacle en soi. Il figure toutefois dans la base de données de l'immigration et s'ajoute au reste de l'historique du demandeur. Une interdiction d'entrée formelle relève d'une autre situation, qui nécessite l'avis d'un avocat spécialisé en droit de l'immigration thaïlandais.
Combien de personnes ont été refoulées à l'entrée en Thaïlande en 2026 ?+
Selon le bilan du Bureau de l'Immigration pour la période de janvier à mai 2026, 29 490 étrangers ont été refoulés à l'entrée et plus de 14 000 personnes arrêtées pour dépassement de séjour ou travail illégal. 169 506 noms figurent dans le système APPS, qui bloque les passagers avant l'embarquement.
Le visa run est-il encore possible en 2026 ?+
Il devient très risqué. Depuis fin 2025, les entrées en exemption de visa par frontière terrestre sont plafonnées à deux par année civile, et les bureaux d'immigration locaux ont reçu instruction de refuser les extensions lorsqu'ils détectent un comportement de visa runner. L'historique de visa runs figure parmi les trois principaux motifs de refoulement invoqués par le Bureau de l'Immigration.
Arrêtez de compter vos jours
Cinq ans de séjour, 180 jours par entrée, renouvelables. Nous vérifions votre éligibilité au Visa DTV et montons l'intégralité de votre dossier — y compris lorsque votre passeport a une histoire.